Épisode 04 - Le relou, le bar et le rêve

Nous sommes encore dans cette tente où les trois « yeux dorés » nous regarde, l’orc blanc affiche un air fâché, il n’a pas l’air content de nous voir, il grogne quelque chose avant de partir en nous bousculant. Plus tard, on apprendra qu’il s’appelle le baron blême. C’est vrai qu’il était blême. Je l’ai appris pendant mon voyage, blême ça veut dire blanc comme quand on est malade. Peut-être qu’il est malade… Ensuite, c’est l’homme avec un grand chapeau s’est présenté, le duc Morgus Monténéra et enfin, il y avait la femme, Fangoriah. Ils sont tous membres de la compagnie des vents, les bateaux qui volent sont à eux, et même qu’ils appellent ça des Gondolfières. Grand chapeau, Fangoriah et l’orc sont tous des capitaines des gondolfières, c’est pour ça qu’ils ont leurs yeux dorés. Quand on est capitaine, on a les yeux dorés, peut être que Geneviève est capitaine aussi, elle a les yeux dorés, mais pas doré pareil.

Grand chapeau parle beaucoup, il nous dit que l’appel qu’on a reçu en rêve, c’est une invitation du fondateur de la compagnie des vents, Löne Kernos, et qu’il veut passer la main pour arrêter d’être fondateur, mais pas à ses capitaines. En tout cas Grand chapeau ne nous aime pas beaucoup, il dit qu’on est des clodos. Clodo ça veut dire qui n’a pas de maison et qui ne sent pas bon. Moi, je suis une clodo, mais Scardree me dit que c’est une insulte, qu’il ne faut pas dire ça, ce n’est pas gentil. Geneviève et Nug s’énervent aussi, Grand chapeau n’est pas très gentil, il ne comprend pas que des gens comme nous ayons reçu l’appel de son maitre et pas lui. Je crois que derrière cette colère se cache de la frustration. On arrive quand même à comprendre que pour rencontrer Löne on va devoir faire des épreuves. La sentence des voix il a dit. J’espère que ce sont des épreuves où il ne faut pas trop réfléchir. Réfléchir ce n’est pas vraiment mon truc, mon truc c’est plutôt physique. S’il faut courir, je sais courir, s’il faut sauter, je sais sauter, s’il faut ramper, je sais ramper et s’il faut marcher… je sais marcher. En revanche, s’il faut lire, je ne sais pas lire et compter, je sais compter, mais que sur mes doigts. Enfin bref. L’appel magique, c’est « pour savoir si on a le potentiel pour prendre sa place et reprendre son œuvre » mais Fangoriah nous dit que non, on ne prendra pas la place de Löne, à la limite, on aura le droit à des parties.

Ensuite il nous dit que la compagnie se porte bien, elle est en pleins essors, l’argent rentre facilement, qu’ils sont au centre de l’économie, les seuls sur le marché, grâce à eux la ville s’agrandit… Tout ça forme un brouillard dans ma tête, je ne comprends plus grand-chose, enfin, j’écoute plus grand-chose. Je me demande quelle partie des gondolfières, je prendrai si on gagne. Dans un bateau le mat, c’est important, après si je prends le mat, je ne saurai pas où le ranger, ça prend de la place un mat… et ah tiens, ils ont mis un gouvernail en décoration dans la tente, c’est assez joli, peut-être que je prendrai un gouvernail. Je sens du mouvement autour de moi, Grand chapeau est parti et il ne reste que Fangoriah, Geneviève a l’air énervée, Nug et Scardree aussi. Je crois que la discussion ne leur a pas trop plus, c’est vrai que Grand chapeau n’est pas très agréable. Ensuite Fangoriah nous donne une lettre cachetée, pour donner à l’Hallucinose, une auberge dans laquelle on peut aller dormir, si on donne la lettre, on à mangé, à boire et un lit avant les épreuves. Les épreuves, elles commencent dans deux dodos. Madame Placard nous accompagne jusqu’à l’auberge. Je l’aime bien cette dame, elle ressemble à Albert en dame.

On passe par plusieurs cercles, le point 0, là où les gondolfières se posent. Il y a des acrobates, des jongleurs, des troubadours et surtout un montreur de bête. Un gros tigre gris-noir aux yeux d’un vert très foncé. Scardree et Nug vont parler au tigre, ils essayent diverses méthodes pour être ami avec lui. Ça n’a pas trop marché, un peu plus et Scardree se faisait attraper par la grosse patte du tigre. Son propriétaire nous dit qu’il l’a braconné capturé dans les montagnes. Je lui ai demandé pourquoi il mettait un animal derrière les barreaux et il m’a demandé pourquoi moi, je n’étais pas dans une cage. C’est vrai que c’est une bonne question, il parle au tigre, je parle à mes amis. Je n’ai pas encore trouvé de réponse, ce n’est pas très juste pour le tigre. Geneviève n’est pas du tout contente, le monsieur est désagréable, je crois que lui aussi nous prends pour des clodos. Après, on passe par le cercle du comptoir, il y a un grand marché avec plein d’échoppe et enfin, on arrive au cercle du répit. L’hallucinose, c’est une grande auberge, il y a plein de monde, et ça sent bon. C’est auberge « chic » il y a des nappes sur les tables, des tableaux aux murs et les membres du personnel sont habillés pareil. L’aubergiste, c’est un nain, il a une barbe poivre et sel tressé. Il nous apprend que d’autres camarades venus passer l’épreuve sont aussi là ce soir.

Il nous montre deux tables. La première, il y a deux hommes assis l’un en face de l’autre, ils se ressemblent beaucoup, ils doivent être jumeaux. Il y a aussi un halfelin qui porte un turban sur la tête, il est maigrichon. Pour le moment, on décide de prendre une table tout seul, mais quand Nug s’assoie, on entend un bruit de prout, c’est l’halfelin qui a fait une blague. Il est rigolo. Il s’appelle Rhavi Shandar, il a fait le même rêve que nous et va passer les épreuves aussi. Celui avec l’oiseau. Geneviève n’est pas à l’aise avec le monde, elle sort prendre l’air, nous pendant ce temps, on discute avec l’halfelin autour d’une choppe de Cajolte ou de bière. Puis Geneviève revient en courant avec un gnome, il était là dans notre rêve aussi, et visiblement, il n’est pas mort. Il aurait même voyagé avec la caravane de Nug. Il s’appelle Karusco, il a été gravement blessé pendant le rêve, mais finalement sauvé par les petits bonhommes. Nug découvre un jeu avec Rhavi, il faut taper le couteau autour de sa main sans se faire mal. Il perd puis gagne. Il est fort à ce jeu, peut-être qu’il y aura ce jeu pendant les épreuves.

Ensuite, on quitte l’auberge, pour découvrir un peu la ville le soir, on part direction le cercle du comptoir, là où il y avait toutes les échoppes. Un vendeur, nous appel pour nous vendre des livres pour apprendre à lire alors qu’il faut savoir lire pour lire un livre pour apprendre à lire. C’est compliqué, apprendre à lire ça sert à rien, c’est Albert qui me disait ça. Il nous disait « moi j’ai appris à lire et bah je le souhaite à personne » en tout cas, on part vers une autre échoppe. C’est Geneviève qui l’a repérée, elle prend tout un tas d’herbe qui sentent bizarre. Le vendeur donne une herbe à Nug, du matatabi il dit. Ça rend Nug tout bizarre, il se roule par terre et reniflant et léchant l’herbe. J’ai pris des persillades pour faire un gâteau, mais Geneviève me dit qu’il faut faire attention avec cette herbe, on verra bien. Ensuite le vendeur nous dit qu’on ne le connait pas et qu’il ne faut pas dire que c’est Ernest qui vous a vendu les herbes. C’est bizarre de dire son prénom quand on dit de pas dire que c’est nous. C’est peut-être une coutume locale.

On retourne à l’auberge et il y a trois nains boiteux qui embêtent l’aubergiste, ils ressemblent beaucoup à ceux qu’on a vus sur le pont. En tout cas, ils ne sont pas très agréables. Dans notre chambre, Scardree et Geneviève discutent de la pièce qu’elle transporte. Moi aussi, je l’ai déjà vue, mais ça remonte à très très loin avant qu’Albert m’adopte. Geneviève nous dit qu’elle connait nos parents, qu’à l’époque sa mère et elles ont beaucoup voyagé pour aider à faire naitre ou ne pas faire naitre les enfants. Sa pièce, elle est magique, si elle a vraiment besoin, elle pourra appeler ses amies druides. Pendant qu’elle nous parle, elle prépare des potions, c’est la première fois que ses potions sentent aussi mauvais, je ne sais pas ce qu’elle prépare, mais j’espère que ce n’est pas encore un onguent pour mes poils. Quand la nuit arrive, on va tous dormir. Et encore une fois, on rêve. Cet aigle noir est encore là, il dit qu’on se rencontrât bientôt. J’espère qu’on va gagner l’épreuve, si on gagne, on pourra rencontrer Löne et il nous expliquera enfin la raison de ces rêves que l’on partage tous.