Épisode 01 - Rencontre et drôle de rêve

Par Geneviève

Rencontre et drôle de rêve
Il y a un rêve étrange qui revient, nuit après nuit. Ces immenses falaises semblent familières, tandis qu'un aigle de pierre nous survole. Nous le suivons jusqu'au sommet, quand la pierre se fracture, laissant apparaitre un vieux chevalier elfe, intemporel. Mais cette fois, le vieil homme prend la parole : "le monde des chimères se meurent". C'est déjà le matin. Et chaque personne ayant fait ce rêve ressent au fond de lui le besoin impérieux de rejoindre les falaises rouges et le chevalier à l'épée d'obsidienne. Pour Geneviève, accompagnée d'Eglantine, c'est plutôt une longue marche qui les attend. Elles rejoignent Epistéa dans la fin de journée et décident de monter le camp dans les faubourgs comme à leur habitude. Non loin une caravane s'est également installée ; la nuit tombe vite avant que chacun s'endorme à nouveau après cette bonne journée. Et chacun s'endort. Le rêve commence, mais cette fois, nous ne sommes pas seuls. De nouvelles silhouettes inconnues nous rejoignent dans cette marche vers les falaises rouges, au rythme des battements d'ailes. Seulement, une fois au sommet, l'air s'emplit de gémissements, la lumière s'obscurcit, et les yeux habituellement d'ambre du corbin sont rouges alors qu'une entité arachnéenne apparait, immense au dessus des falaises. Et avant que nous puissions faire un geste, nous sommes propulsés ailleurs. Eglantine se réveille. L'ourse a dû mal à émerger, mais rapidement se rend compte qu'elle n'est pas dans sa tente, dans les faubourgs d'Epistéa. L'endroit est sombre, plein d'humidité, et alors qu'elle essaye de fouiller autour d'elle, elle pose sa grande patte sur un petit kobold qui dormait à sa droite. Puis rapidement, c'est un humain en pagne avec une grosse épée à deux mains qui se lève. Et peu à peu, Eglantine est rejointe par un homme-chat, Nug mais aussi par sa partenaire d'aventure Geneviève. Tous sont dépouillés, ne portant rien d'autre que leurs vêtements de nuit.

Geneviève se décide d'allumer un peu de lumière, éclairant à la fois un tas d'objets métalliques pêle-mêle, et de larges ouvertures couvertes d'une étrange toile. Le toit de la cavité est percée d'une petite cheminée étroite. Et alors que chacun fait connaissance, essayant tant bien que mal de comprendre où ils se trouvent, une goule-araignée arrive d'un passage et tue un pauvre halfelin qui se trouvait à sa portée. Ni une ni deux, l'humain à l'épée fonce, hurlant "par la volonté de Justicar", demandant de l'aide à l'assemblée. S'ensuit un échange de coups, alors qu'une deuxième bestiole s'extirpe d'un autre boyau, tentant d'attaquer les malheureux. Chacun se bat avec l'énergie du désespoir quand la cheminée explose en une ouverture plus large. Des petits robots lancent une échelle de cordes et font sortir tous les prisonniers encore vivants. Au dehors, le monde est très étrange. Un empilement d'os laisse à penser qu'ils se trouvent dans le squelette d'une créature énorme mais ils n'ont guère le temps de s'appesantir et prennent la fuite. Les robots - qu'ils apprendront être des mécha-gnomes nommés Luxe, Lag et Presto - les conduisent au pas de course jusqu'à arriver devant une cité cyclopéenne avec un grand lax, une cathédrale immense et un ciel crépusculaire qui ne ressemble à rien de ce que les rêveurs connaissent. Au loin, derrière les montagnes, des lumières semblent même pulsées. Presto leur apprend qu'il s'agit de la cité d'Oblivion, la cité des chimères, la cille où rêvent les Dieux. Luxe parle dans un miroir et une voix grave, hors du temps, lui répond :"vous pouvez transmigrer les oubliés. Il arrive".

Les premiers rayons du soleil percent déjà, sonnant le réveil des endormis. Ils sont tous de retour à Epistéa. Pourtant, les souvenirs de la veille ne se sont pas effacés, ni même les blessures comme celle qui marque le flanc de l'ursine. Etonnées, les deux amies se rendent compte d'avoir fait ce rêve commun. Et si Geneviève s'active à concocter une petite lotion pour Eglantine, cette dernière s'attèle à préparer un copieux petit pigeon de petit-déjeuner. La caravane a disparue. Nug et Scerdree font le même constat de leur côté : ce rêve était aussi étrange que réel. Et maintenant que la caravane les a abandonné, ils se décident à partir à la recherche d'autres prisonniers pour tirer l'histoire au clair. Mais alléchés par une douce odeur, ils tentent une approche discrète près du campement de l'ourse et de la nymphe.

Le hasard les réunis donc une seconde fois, et alors qu'ils échangent sur leur rêve commun, ils décident conjointement de franchir les portes de la ville. Au sein d'Epistéa, peut-être que quelqu'un saura leur répondre ? Et puis, Geneviève et Eglantine avait prévu de s'y rendre de toute manière. Les deux amies faisant la publicité pour les services de la rebouteuse, elles prennent le chemin du marché tandis que le kobold et son acolyte à poils prennent la route de la bibliothèque, se donnant rendez-vous au soir. L'aventure commence.